Show simple item record

dc.contributor.authorTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperation
dc.date.accessioned2015-03-19T13:48:45Z
dc.date.available2015-03-19T13:48:45Z
dc.date.issued1985
dc.identifier.citationCTA. 1985. FAIRE DURER LA CONTRE- SAISON. Spore 2. CTA, Wageningen, The Netherlands.
dc.identifier.issn1011-0046
dc.identifier.urihttp://hdl.handle.net/10568/58522
dc.descriptionEn 1984, s'est mise en place au Niger une vaste opération de cultures de contre-saison pour permettre aux populations de survivre au plus fort de la sécheresse. Autour de ce programme, le pays a connu une mobilisation générale. Tous les services administratifs, les ministères, les O.N.G. (organisation non gouvernementales), les responsables agricoles ont coordonné leurs efforts pour que les sites favorables à ce type de cultures soient identifiés et exploités. L'aide d'organismes étrangers, tels que l'UNICEF(') , la Banque Mondiale, le FED(Z), le Ministère Français de la Coopération, la CCCEP) a permis de financer cette opération, notamment l'acheminement des indispensables intrants et en particulier des semences et l'aménagement des points d'eau pour l'arrosage. D'autres pays sahéliens, eux aussi durement touchés par la sécheresse, se sont également lancés dans, des programmes intensifs de développement de cultures de contre-saison, considérées comme la meilleure manière de tirer parti des nappes phréatiques, dont des potentialités souvent insoupçonnées ont été révélées ces dernières années. L'heure est maintenant au bilan. Que reste-t-il de ces opérations ? Alors que les pluies semblent adopter un régime plus « normal », ces cultures ont-elles été abandonnées, reléguées dans l'esprit des cultivateurs au rang des pratiques d'urgence ? Ou bien ont-elles su s'affirmer comme cultures à part entière, intégrées au cycle d'exploitation permanente des terroirs ? Les initiateurs de l'opération, lors de son lancement au Niger, désiraient répondre à l'urgence tout en s'engageant dans un processus de développement à long terme. Mais si ce genre d'opérations « contre-saison » est aujourd'hui bien souvent associé, dans l'esprit de beaucoup, à l'opération nigérienne, ce n'est pas une pratique propre à ce pays. Au Sénégal, notamment, les jardins maraîchers prospèrent au coeur même de la saison sèche. Au Mali, les programmes gouvernementaux s'efforcent depuis de nombreuses années de pallier les aléas climatiques par une production légumière de contre-saison. Cependant au Niger, la « renaissance » de cette forme de culture a pris un caractère particulièrement original et organisé. Les sécheresses de ces dernières années ont ainsi en quelque sorte revalorisé une forme de culture ancienne, pratiquée le plus souvent pares femmes et qui ne jouait jusque là qu'un rôle d'appoint, vivrier ou spéculatif. C'est ainsi qu'au cours des deux dernières années, la superficie des parcelles consacrées aux cultures de contre-saison a été multipliée par deux ou par trois, selon les pays. Au Niger, par exemple, on estime que 62.000 ha étaient consacrés à cette pratique en 1985 contre seulement 29.000 ha en 1983. Il est encore trop tôt pour dire si, malgré l'arrivée de bonnes conditions climatiques, les parcelles mises en cultures de contre-saison se pérennisent ou si les superficies diminuent. En revanche, il apparaît déjà clairement que la banalisation d'une pratique généralisée par l'urgence, l'institution de ce type de pratique comme culture à part entière, a soulevé quelques questions qu'il sera utile de résoudre si l'on veut que ces pratiques perdurent. Si l'urgence avait fait passer en second plan l'opportunité économique, la rentabilité et les choix techniques, ces cultures qui s'inscrivent aujourd'hui dans une perspective à long terme et dans une situation plus normale devraient être évaluées au même titre que n'importe quelle spéculation. Or, lancées pour répondre à une situation de crise alimentaire avant d'intervenir dans un processus de développement, ces cultures ne sont pas rentables pour le moment. Les cultures de contre-saison qui ont pu apparaître comme une solution-miracle lorsque les céréales traditionnelles étaient soumises à une sécheresse exceptionnelle, doivent être désormais analysés dans un contexte économique, social et technique objectif. Au Niger, le coût de l'opération lancée en 1984 s'est élevé à 16,7 millions de Francs Français pour une production évaluée entre 30 et 40.000 t. Parmi les dépenses de fonctionnement des périmètres le prix de l'exhaure de l'eau, intervient pour une part variable selon les situations mais toujours importante. A l'heure actuelle, leurs répercussions sur le revenu des producteurs sont modérées. Mais intensifiées, modernisées, étendues, ces cultures pourront à plus long terme porter véritablement leurs fruits et justifier les efforts qu'elles exigent. Car elles sont non seulement une solution de remplacement en cas de carence des cultures pluviales céréalières mais aussi une spéculation de complément. Intervenant en saison sèche, période généralement creuse pour les activités agricoles traditionnelles en zone sahélienne, elles prolongent le calendrier agricole. La production en contre-saison, palliatif ou complément alimentaire important, apporte aussi un revenu à un moment propice. En effet, même si la vente de produits maraîchers ne rapporte souvent que de maigres subsides (hormis les périmètres à vocation exportatrice et ceux qui se sont créés autour des grandes villes), ces revenus prennent toute leur importance par le moment où il se dégagent. Ils complètent parfaitement dans le temps les revenus de l'hivernage et permettent ainsi aux paysans d'étaler leurs rentrées d'argent. Beaucoup s'y sont montrés sensibles et ont demandé à l'encadrement ou à l'administration de les aider à développer de telles cultures. Certains individus ou groupements ont même pris l'initiative de creuser eux-mêmes des puits profonds et d'aménager des périmètres avec plus ou moins de réussite. Mais chez certains, des réticences se sont exprimées face à ces cultures essentiellement lancées à l'initiative des administrations. Reste donc à poursuivre l'effort de sensibilisation et de vulgarisation pour que l'agriculture de contre-saison devienne l'affaire des villageois. Parmi les réticences qui concernent les productions strictement destinées à l'auto-consommation, figure la résistance à de nouvelles habitudes alimentaires. Faute de mil, les villageois sont bien obligés d'intégrer salades, carottes, radis, choux ou tomates à leur régime alimentaire. Mais lorsque le mil revient, comment faire pour éviter l'abandon pur et simple ? Pour les légumes d'origine européenne considérés par les nutritionnistes comme des éléments améliorants du régime, un effort de vulgarisation est à faire pour lever ces résistances, dues à la méconnaissances de ces produits. Mais un mouvement tend actuellement à favoriser la distribution de semences de produits locaux, tels que le niébé, le marioc, l'oignon, le sorgho, qui peuvent également être cultivés en irrigation de saison sèche. Pour ce qui est des cultures de contre-saison pratiquées à des fins monétaires, les « verrous » semblent plus difficiles à débloquer. Faire passer un petit jardinage d'appoint au rang de culture commerciale ne va pas sans nécessiter un profond remaniement de toutes les structures. Pour qu'il y ait commerce, il faut qu'il y ait marché. Or, un marché organisé n'existe pas encore pour ces produits. Les jardins produisent en même temps les mêmes denrées qui engorgent les marchés. Par ail leurs, les infrastructures nécessaires au transport de ces produits péris sables n'existent pas, le rayon d'action de production est donc restreint. Ainsi, certains marchés sont sous approvisionnés, d'autres s'en gorgent rapidement. Faute d'information et en raison de leur isole ment, les producteurs maraîchers ne peuvent pas respecter un calendrier qui leur permettrait d'échelonner les récoltes de manière à approvisionner régulièrement les marchés proches de leurs jardins. Il est donc nécessaire de développer les circuits et les moyens d'information pour éviter les gâchis et que chacun tire le meilleur parti de son travail. Un remède intermédiaire au problème d'écoulement des marchandises serait de parvenir à stocker, sécher, conserver, transformer ces produits sur place. La recherche a apporté dans ce domaine des solutions qui, améliorées et généralisées, pourraient résoudre en partie ce problème. Presque tous les produits consommables peuvent être séchés, grâce notamment au soleil. Le principe est d'extraire de la denrée son eau afin de bloquer les mécanismes de dégradations enzymatiques et oxydatifs et d'en arrêter la décomposition en' inhibant le développement des bactéries et moisissures. Déjà de petites actions locales ont tenté d'apporter des solutions ponctuelles comme ce séchoir solaire très simple, d'un coût faible, d'une capacité de séchage importante, fabriqué avec un lit traditionnel, des nattes, du secco et une moustiquaire... Ainsi, les légumes produits en contre-saison qui ne peuvent être consommés dans l'immédiat ni être écoulés sur les marchés, se gardent d'une année sur l'autre, conservant presque intégralement leur valeur nutritive, hormis les vitamines qui réagissent de façon variable aux différentes actions auxquelles elles sont soumises lors du séchage. C'est une voie prometteuse tant que les producteurs ne maitriseront pas la partie post-production de la filière et ne disposeront d'aucune garantie en début de campagne quant à l'écoulement de leur production. Encore faut-il que les populations se familiarisent avec ces procédés et que les consommateurs acceptent d'acheter sur les marchés des légumes séchés. Certains produits secs, comme la pomme de terre, les oignons, ont déjà réussi à s'imposer sur le marché ; cela semble en revanche beaucoup plus difficile pour les légumes verts comme la salade ou les haricots. Mais il apparaît aujourd'hui que les solutions techniques ou même l'organisation d'un marché destiné à un meilleur écoulement des produits ne constituent qu'un des éléments capables de favoriser le développement des cultures de contre-saison qui demeurent une activité agricole difficile, très exigeante en soins et en efforts. Les opérations d'urgence ont montré quels problèmes pouvait poser l'approvisionnement en intrants, notamment en semences et surtout en semences adaptées aux pays tropicaux. Ainsi, l'envoi de semences de maïs hybride, par exemple, s'est soldé par un échec. Sans savoir que les variétés hybrides ne sont pas semencières, les cultivateurs ont conservé, selon leurs pratiques traditionnelles mais bien inutilement, une partie des récoltes les semis de la saison suivante. Des variétés européennes de légumes se sont également avérées inadaptées aux conditions écologiques et phytosanitaires des pays sahéliens. Des semences adaptées, performantes et disponibles à travers les pays semblent donc être une première priorité. Un effort est à mener en vue d'une production de bonnes semences locales, production qui ne pourra être acquise qu'en soignant les pépinières, en sélectionnant les variétés, en mettant en oeuvre de bonnes techniques de stockage des graines. Il est également nécessaire de parfaire les techniques de cultures de contre-saison en améliorant par exemple les systèmes d'exhaure de l'eau. En moyenne, un mètre carré de maraichage réclame au moins 20 I d'eau par jour. Avec une simple calebasse et un puits de 5 m de profondeur, il faut puiser sans interruption pendant 24 h pour disposer des 5 m3 nécessaire à l'irrigation d'un périmètre de 250 m2. Avec un Kutara -ou Chadouf- puits à balanciers très répandus en zone tropicale, il suffit de trois heures. Mieux encore, avec un Delhou, système d'exhaure à traction bovine, le débit permet de réduire ce temps à une heure, sans parler de la fatigue humaine épargnée. On comprend donc l'importance que revêt le système d'exhaure dans le développement des cultures de contre-saison. Si réduire le temps de travail est une chose importante, économiser l'eau est souvent une nécessité capitale. On peut apporter de notables améliorations au rendement de l'arrosage : un planage plus rigoureux, la confection de rigoles et sillons peuvent, lorsqu'ils sont réalisés « scientifiquement », accroitre de façon conséquente les productions avec de moindres consommations d'eau. Les agents de vulgarisation agricole peuvent aider à toutes ces tâches pourvu qu'un effort supplémentaire de formation soit mené à leur niveau : souvent, les cultures de contre-saison, considérées comme des pratiques marginales, ont été quasiment absentes de l'enseignement agricole. Maintenant que ces cultures ont pris de l'importance dans les économies nationales, elles mériteraient sans doute de faire l'objet de cycles de formation particuliers. Mieux vulgarisées, plus maitrisées et bien organisés, les cultures de contre-saison, spéculation marginale ou solution de crise, peuvent devenir un outil de développement. On a souvent employé le terme de « mobilisation » pour ces opérations menés dans le Sahel lors de la sécheresse. Ce n'était pas un vain mot. Pourvu que l'on ne laisse pas maintenant s'intaller une « démobilisation », ces cultures peuvent continuer à tenir un rôle d'importance dans l'agriculture villageoise et l'économie des Etats. (1) UNICEF: Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (2) FED : Fonds Européen de Développement (3) CCCE : Caisse Centrale de Coopération Economique Bibliographie Revue de l'Association Française des Volontaires du Progrès nô 41 Avril 85. B.P.2 91310 Montlhéry - France Le Séchage Solaire des Aliments. Peace Corps. Information Collection and Exchange. September 1985 806 Connecticut Avenue, N.W Washington, DC. 20526 Etats Unis Intensification des productions maraîchères et fruitières. Département de Maradi Niger Rapport d'Evaluation Juillet 85 Claire Michalon
dc.description.abstractEn 1984, s'est mise en place au Niger une vaste opération de cultures de contre-saison pour permettre aux populations de survivre au plus fort de la sécheresse. Autour de ce programme, le pays a connu une mobilisation générale. Tous les services...
dc.language.isofr
dc.publisherCTA
dc.relation.ispartofseriesSpore, Spore 2
dc.sourceSpore
dc.titleFAIRE DURER LA CONTRE- SAISON
dc.typeNews Item
cg.subject.ctaAGRICULTURE EN GÉNÉRAL
cg.identifier.statusLimited Access
cg.contributor.affiliationTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperation
cg.fulltextstatusFormally Published
cg.placeWageningen, The Netherlands


Files in this item

FilesSizeFormatView

There are no files associated with this item.

This item appears in the following Collection(s)

Show simple item record